3.1. Pratiques de recherche collaborative et gestion des transferts informels
L'analyse des pratiques universitaires met en lumière une tension structurelle entre l'ouverture scientifique et la conformité au Règlement général sur la protection des données (RGPD). Dans le milieu académique, la réutilisation secondaire des données repose fréquemment sur des réseaux interpersonnels et des transferts informels qualifiés de transferts gris (Shades of Grey, 2026). Ces échanges informels, motivés par l'avancement de la recherche, échappent souvent aux cadres formels de gouvernance et exposent les institutions à des risques de fuites de données sensibles ainsi qu'à des difficultés de contrôle réglementaire (Shades of Grey, 2026). Parallèlement, l'application concrète des principes de partage se heurte à des obstacles organisationnels et juridiques majeurs, notamment au sein des partenariats collaboratifs où divergent les attentes et les standards entre acteurs publics et privés (Neuronet Working Group, 2023). La perception accrue des risques juridiques et l'absence d'orientations claires quant aux mécanismes de conformité au RGPD freinent ainsi la mise à disposition des corpus scientifiques (Neuronet Working Group, 2023). Cette réalité empirique démontre que la diffusion des données de recherche ne peut reposer uniquement sur des initiatives individuelles non encadrées. Pour concilier les exigences légales de confidentialité et la valorisation scientifique des corpus, les établissements doivent harmoniser les protocoles de curation, standardiser les catalogues de métadonnées et concevoir des flux de travail capables d'identifier et de réguler les transferts informels. Ainsi, la transition vers une science ouverte et responsable exige une gouvernance institutionnelle explicite, transformant les contraintes réglementaires en procédures de partage sécurisées et transparentes.