3.1. Imputation juridique de la responsabilité et mise en œuvre des filières de traitement
L'application du principe de responsabilité environnementale en Flandre révèle une tension structurelle entre les exigences juridiques d'assainissement et la faisabilité opérationnelle des interventions. D'un côté, le cadre normatif encadrant les entités industrielles productrices ou utilisatrices de substances per- et polyfluoroalkylées impose une obligation stricte de prise en charge du passif environnemental (PFAS Contamination and Remediation for Companies Producing or Using PFAS, 2026). Cette approche doctrinale postule la possibilité d'une neutralisation complète de la pollution historique des sols et des nappes aquifères. D'un autre côté, l'évaluation des techniques alternatives de traitement met en évidence des contraintes matérielles majeures qui limitent l'efficacité des filières de remédiation in situ et ex situ (A Review of Selected Alternative Remediation Methods for PFAS Contamination, 2025). Les entreprises spécialisées dans l'assainissement se trouvent ainsi confrontées à des défis d'ingénierie et de stabilisation des matrices polluées, rendant la décontamination intégrale difficilement réalisable à court terme (PFAS Contamination and Remediation for Companies in Environmental Remediation of PFAS-Contaminated Areas, 2026). La confrontation entre le régime de responsabilité sans faute et les données techniques démontre que l'imputation financière des coûts ne garantit pas à elle seule une résorption immédiate du préjudice écologique, imposant un réajustement des critères réglementaires d'assainissement fondé sur la performance réelle des procédés disponibles.