3.1 Redistribution des charges et asymétries de contrôle de tension
La cohabitation au sein du système électrique entre une production continue de base et une injection décentralisée intermittente modifie profondément le profil des charges sur les corridors de transmission. Lorsque la puissance injectée par les parcs éoliens et solaires augmente rapidement, elle tend à déplacer les productions thermiques traditionnelles, modifiant ainsi les gradients d'écoulement de puissance et créant des congestions localisées sur des segments déterminés du réseau [1]. Ces transferts dynamiques de flux se heurtent directement aux limites physiques des ouvrages de transport, entraînant des asymétries notables dans le contrôle de la tension selon la nature des nœuds de raccordement [1]. Pour prévenir les surcharges sans compromettre la stabilité de l'approvisionnement, la modélisation mathématique s'oriente vers des mécanismes de commande prédictive capables d'intégrer l'incertitude météorologique et d'ajuster en temps réel les capacités résiduelles de transit [2]. Néanmoins, l'apparition récurrente de ces goulets d'étranglement contraint fréquemment les exploitants à recourir à des mesures d'écrêtement sélectif de la production renouvelable, révélant une tension structurelle entre la volonté d'optimiser l'intégration des énergies décarbonées et la réalité des contraintes d'infrastructure existantes [1], [2].