Discussion : De la conformité réglementaire à la transformation culturelle
La persistance des violences sexistes et sexuelles au sein de l'enseignement supérieur démontre les limites des seules politiques institutionnelles punitives. Bien que les règlements disciplinaires constituent un cadre normatif indispensable, ils échouent souvent à transformer les normes relationnelles implicites qui perpétuent le silence des victimes (Breaking the code of silence, 2025). Pour dépasser une simple logique de conformité juridique, l'intégration de dispositifs pédagogiques participatifs s'avère cruciale. Les programmes éducatifs codéveloppés et animés par les pairs favorisent en effet une prise de conscience critique et renforcent les compétences d'intervention des témoins, ancrant ainsi la prévention au cœur de la vie communautaire étudiante (Peer-led Approaches to Gender-based Violence Prevention Education in Higher Education, 2026). Néanmoins, l'efficacité de ces interventions dépend étroitement de la prise en compte des dynamiques cognitives et traumatiques sous-jacentes. L'application d'approches psychosociales ciblées, telles que la restructuration cognitive, permet d'agir sur les croyances dysfonctionnelles et d'offrir aux personnes touchées des outils de réhabilitation adaptés, tout en soutenant la responsabilisation des auteurs (Ethics of Cognitive Restructuring, 2020). Ainsi, la réponse universitaire ne peut se limiter à une gestion administrative descendante. Une transformation culturelle durable repose sur l'articulation réciproque entre mandats institutionnels, médiation par les pairs et soutien psychologique structuré. En intégrant ces dimensions relationnelles, les établissements favorisent le développement d'une responsabilité partagée. Cette démarche globale permet d'instaurer un climat académique sécurisant et émancipateur où la prévention des violences devient une pratique collective continue au sein de la communauté.