Discussion sur les leviers institutionnels et les approches One Health
L'analyse des dynamiques de résistance aux antimicrobiens met en évidence l'impératif d'élargir la gestion nosocomiale au-delà du seul cadre thérapeutique hospitalier. La dissémination accrue des bactéries résistantes impose l'adoption résolue d'une démarche One Health, articulant étroitement la veille clinique, les pratiques vétérinaires, le secteur agricole et la préservation environnementale face à la surconsommation mondiale d'antibiotiques (World HAI Resistance Forum, 2015). En effet, le manque critique de nouvelles classes thérapeutiques et l'interconnexion écologique favorisent la sélection continue de souches pathogènes transmissibles au sein des collectivités humaines et des établissements de soins. Dans cette perspective, les enseignements tirés de la gestion des crises épidémiques récentes démontrent l'intérêt d'intégrer des outils novateurs, notamment la surveillance systématique des eaux usées et l'application d'algorithmes d'apprentissage automatique au sein des programmes de bon usage des antimicrobiens (Cheng et al., 2024). L'adoption de mesures rigoureuses de contrôle des infections, combinée à une communication transparente sur les risques et au déploiement de tests diagnostiques rapides en soins ambulatoires, permet de freiner la dissémination d'entérocoques résistants à la vancomycine et d'entérobactéries productrices de carbapénémases (Cheng et al., 2024). Dès lors, les structures hospitalières publiques ne doivent plus fonctionner comme des entités isolées, mais comme les composantes intégrées d'un vaste écosystème sanitaire décloisonné. Le renforcement continu de la gouvernance clinique et l'harmonisation institutionnelle des protocoles de surveillance constituent les leviers déterminants pour préserver durablement l'arsenal thérapeutique.