Discussion sur la viabilité économique et la résilience du mix électrique
L'évaluation critique des choix énergétiques en Belgique met en évidence la complexité structurelle inhérente à la coexistence d'actifs nucléaires conventionnels et de sources d'énergie renouvelables. Dans un marché dérégulé, l'injection prioritaire d'électricité renouvelable caractérisée par des coûts marginaux quasi nuls induit une pression baissière sur les prix de gros lors des périodes de forte production naturelle, tout en accentuant la volatilité globale du système lors des creux de génération [6]. Ce phénomène modifie en profondeur la rentabilité économique des unités de production thermique et nucléaire, qui ont traditionnellement été conçues pour fonctionner en charge de base continue avec des réacteurs à eau pressurisée [4]. Dès lors, la gestion de l'intermittence exige une flexibilité accrue des installations existantes ou la mise en place de dispositifs de soutien capacitaires capables de garantir l'équilibre du réseau à tout instant. L'analyse des cadres d'action publique européens révèle qu'une combinaison d'instruments réglementaires bien articulés s'avère indispensable pour éviter des signaux de prix contradictoires qui pénaliseraient les investissements d'infrastructure de long terme [5]. Ainsi, loin de constituer des filières hermétiques ou opposées, le maintien d'une capacité nucléaire résiduelle et le déploiement des énergies vertes demandent une gouvernance coordonnée afin d'assurer la résilience économique et la sécurité physique du système électrique belge.