2.1. Évolution des loyers et structure spatiale du parc immobilier bruxellois
L'organisation spatiale du marché locatif en Région de Bruxelles-Capitale révèle une différenciation géographique marquée qui conditionne l'accès des étudiants aux espaces centraux. Les loyers bruxellois affichent une dynamique de croissance supérieure à celle constatée dans les périphéries urbaines, ce qui renforce la centralité économique de la capitale tout en intensifiant la pression financière sur les ménages locataires et les populations étudiantes [5]. Cette configuration territoriale s'inscrit dans un contexte de polarisation sociorésidentielle où la rareté relative des logements abordables oriente les étudiants vers des segments privés souvent dérégulés [3]. Parallèlement, la production résidentielle contemporaine, guidée par des impératifs de densification et de rentabilité foncière, peine à intégrer systématiquement des critères de localisation adaptés aux bassins de vie et d'études [1]. La concentration des équipements universitaires dans certains secteurs renforce ainsi la pression foncière locale, tandis que les zones d'extension urbaine manquent souvent de continuités fonctionnelles avec les campus. En conséquence, la structure urbaine bruxelloise accentue les disparités spatiales, contraignant une part croissante de la population étudiante à négocier des compromis contraignants entre budget locatif, éloignement géographique et précarité matérielle [1][5].