4.1. Obstacles managériaux, formation continue et disparités de mise en œuvre
La mise en œuvre des programmes de bon usage des antimicrobiens dans les établissements hospitaliers publics se heurte fréquemment à des tensions organisationnelles et à une persistance marquée des pratiques empiriques [2]. Les données documentées soulignent que l'antibiothérapie de première intention est couramment instaurée sans réévaluation systématique ni ciblage bactériologique précis, ce qui limite l'adhésion aux protocoles thérapeutiques nationaux [2]. Cette inertie découle en partie d'une vision historiquement cloisonnée de la décision médicale, reléguant le personnel infirmier et pharmaceutique à des fonctions d'exécution technique plutôt que de partenaires de la révision clinique [7]. Pourtant, l'optimisation des durées de traitement et la désescalade thérapeutique dépendent directement de la circulation fluide des informations entre le chevet du patient, le laboratoire de microbiologie et l'équipe prescriptrice [7]. L'absence de formalisation institutionnelle des rôles soignants affaiblit la portée des initiatives d'intendance antimicrobienne, en particulier dans les structures soumises à de fortes contraintes budgétaires ou à un renouvellement rapide du personnel. Dès lors, surmonter ces dysfonctionnements exige non seulement des référentiels clairs, mais également une gouvernance transversale qui valorise la contribution interdisciplinaire à chaque étape du circuit du médicament [2], [7].