1. Évolution institutionnelle et fondements de la science ouverte en France
La structuration de la science ouverte en France repose sur une articulation étroite entre engagements institutionnels et centralisation technique des dépôts académiques. Dès l'émergence des initiatives en faveur du libre accès, le paysage national s'est distingué par la volonté de coordonner l'action des universités et des organismes de recherche autour d'une infrastructure partagée, opérée principalement par le Centre National de la Recherche Scientifique [1]. Cette démarche a donné naissance à HAL en tant que plateforme nationale commune, conçue pour héberger la production scientifique tout en respectant l'autonomie des établissements via des portails dédiés. Néanmoins, l'efficacité d'un tel dispositif dépend fortement des régimes d'incitation et des contraintes juridiques imposées aux auteurs. Comme le soulignent les analyses comparatives des politiques européennes, le libre accès se développe au confluent d'intérêts divergents entre mandats des agences de financement, stratégies commerciales des éditeurs et traditions de publication propres à chaque discipline [4]. Ainsi, la coexistence entre revues commerciales et archives ouvertes publiques impose une négociation constante des droits d'auteur et des périodes d'embargo, déterminant le rythme réel d'ouverture des publications.