1.1 Typologie et critères de qualification des systèmes à haut risque
Le cadre juridique européen structure la gouvernance de l'intelligence artificielle autour d'une échelle proportionnée de risques, imposant aux systèmes qualifiés de haut risque un régime contraignant d'évaluation préalable. L'analyse doctrinale de cette architecture met en évidence des perspectives divergentes quant à son efficacité et sa portée. D'un côté, certaines recherches abordent cette réglementation sous l'angle de la normalisation technique et des standards industriels, estimant que l'harmonisation procédurale constitue le mécanisme central pour assurer la sécurité et la conformité au sein du marché intérieur (crossref-10-2139-ssrn-4911496, 2024). À l'opposé, d'autres travaux identifient des failles systémiques et des limites pratiques majeures dans cette classification fermée, faisant valoir qu'une typologie rigide peine à appréhender la plasticité des usages algorithmiques et leurs contextes réels d'exploitation (crossref-10-2139-ssrn-4621605, 2023). En parallèle, une troisième approche se concentre sur la lutte contre les discriminations, évaluant la capacité des exigences relatives aux jeux de données d'entraînement et aux contrôles ex ante à neutraliser efficacement les biais sociotechniques (crossref-10-2139-ssrn-5087870, 2025). Cette confrontation théorique montre que la logique de conformité technique par produit ne résout pas pleinement les tensions relatives à la protection matérielle des droits fondamentaux face aux risques émergents.