Typologies et fondements notionnels des vecteurs hydrogène
La qualification de l'hydrogène en tant que vecteur bas-carbone repose sur une distinction conceptuelle majeure entre les sources d'énergie primaire et les procédés de transformation mis en œuvre [2]. Les classifications conventionnelles articulent une nomenclature chromatique séparant l'hydrogène vert, généré par électrolyse de l'eau alimentée par des énergies renouvelables, de l'hydrogène bleu, issu du vaporeformage d'hydrocarbures complété par des systèmes de captage et de stockage du dioxyde de carbone [3]. Cette typologie théorique tend toutefois à simplifier une réalité technologique continue où le niveau effectif d'atténuation des émissions varie fortement selon l'efficacité des procédés de capture et l'intensité carbone de l'électricité mobilisée [2]. Les travaux récents soulignent que la seule désignation chromatique ne saurait garantir l'innocuité climatique d'une filière sans une quantification rigoureuse des flux d'émissions indirectes et fugitives associées à l'amont de la chaîne d'approvisionnement [3]. L'appréhension scientifique du concept requiert ainsi le dépassement des dénominations simplifiées au profit d'une caractérisation fondée sur l'évaluation complète du cycle de vie, permettant de comparer objectivement les filières thermochimiques et électrochimiques dans le cadre des trajectoires globales de décarbonation [2].