4.1. Confrontation des données empiriques et limites des designs corrélationnels
L'interprétation des résultats confirme la pertinence d'intégrer le sommeil comme médiateur explicatif central dans l'étiologie des troubles affectifs contemporains. Les modélisations par équations structurelles récentes démontrent en effet que l'usage problématique des réseaux sociaux altère directement la qualité globale du repos, laquelle précipite en retour les manifestations anxieuses et dépressives [1]. Cette dynamique corrobore les constats empiriques établis auprès d'adolescents, où l'omniprésence nocturne des dispositifs connectés s'associe à une réduction notable de la durée du sommeil ainsi qu'à une vulnérabilité psychologique accrue [4]. Parallèlement, l'apport des méta-analyses structurales sur les cognitions persévérantes met en lumière l'influence néfaste des ruminations induites par le stress sur les perturbations subjectives du repos [3], soulignant que la connectivité nocturne alimente un processus cognitivo-affectif délétère. Néanmoins, l'état actuel de la littérature révèle une lacune majeure : la prédominance des devis transversaux empêche de trancher formellement sur la directionnalité temporelle exacte unissant hyperconnectivité et détresse intériorisée. De surcroît, le recours quasi exclusif à des instruments auto-rapportés engendre des biais d'estimation rétrospective concernant l'exposition réelle aux écrans et néglige la complexité physiologique des cycles de veille-sommeil. L'intégration future de protocoles longitudinaux multi-ondes associés à des données actigraphiques s'avère donc indispensable pour consolider les modèles étiologiques et concevoir des interventions préventives ciblées en santé publique.