Chapitre 2. Analyse des ruptures de parcours et des disparités sectorielles
L'observation des trajectoires féminines met en évidence des disparités notables selon les spécialités scientifiques. Les analyses documentaires démontrent que la présence des femmes demeure relativement plus visible dans les disciplines liées au vivant et à la santé, tandis qu'une sous-représentation marquée persiste dans les branches de l'ingénierie et des sciences appliquées [1]. Cette stratification horizontale se double d'une stratification verticale dès lors que l'on observe l'accès aux fonctions professorales et aux postes décisionnels [1]. Au-delà des choix d'orientation initiaux, les ruptures de parcours surviennent fréquemment lors de l'insertion dans l'emploi ou au cours des premières étapes de carrière [3]. Les contraintes organisationnelles, l'asymétrie dans la répartition des charges professionnelles et familiales, ainsi que l'isolement au sein de collectifs de travail masculinisés fragilisent la rétention des profils qualifiés [1]. Ces départs prématurés affectent la diversité du vivier d'innovation et traduisent une déperdition continue de capital intellectuel qui affaiblit l'ensemble de l'écosystème scientifique [3]. Par conséquent, la pérennisation de la présence féminine requiert des mesures ciblées qui dépassent les seules incitations à l'inscription académique pour agir directement sur la culture des organisations et la sécurisation des trajectoires professionnelles [1], [3].