Régulation décrétale et idéologies linguistiques dans l'enseignement supérieur flamand
L'analyse du cadre réglementaire flamand met en évidence une articulation complexe entre la préservation du néerlandais et l'intégration de l'anglais comme vecteur d'enseignement. En Flandre, les politiques institutionnelles relatives à l'anglais s'inscrivent dans des représentations idéologiques contrastées où la volonté d'internationalisation se heurte à des contraintes légales destinées à garantir la primauté de la langue locale (Language Ideologies Regarding English-Medium Instruction in European Higher Education, 2016). Cette régulation décrétale impose des conditions strictes quant aux proportions maximales de cursus dispensés en langue étrangère, transformant la maîtrise linguistique en un enjeu normatif explicite. La formalisation des critères d'évaluation reflète une tendance plus large dans les politiques d'enseignement supérieur, où la compétence linguistique est segmentée, quantifiée et institutionnalisée pour répondre à des impératifs d'assurance qualité et de gouvernance académique (Fractionating English Language Proficiency, 2018). Dès lors, les universités flamandes appliquent ces balises décrétales non seulement comme des limites administratives de contingentement, mais également comme des mécanismes de légitimation qui définissent les seuils linguistiques requis pour les formations de bachelier et de master. Cet équilibre illustre la manière dont le bilinguisme académique demeure fermement subordonné à des impératifs territoriaux et institutionnels précis.