Cadre théorique et mécanismes de la résistance bactérienne
L'échappement des souches bactériennes aux thérapies conventionnelles en milieu hospitalier s'appuie sur une multiplicité d'adaptations physiologiques et génétiques hautement sophistiquées. Les micro-organismes pathogènes développent des voies d'inactivation enzymatique, une altération ciblée de leurs récepteurs membranaires, ainsi qu'une surexpression active de pompes d'efflux réduisant la concentration intracellulaire des principes actifs [3]. Parallèlement, la constitution de biofilms denses et la genèse de populations persistantes créent des barrières physiques et métaboliques qui entravent la pénétration des molécules antibactériennes et pérennisent les infections nosocomiales récurrentes. Ces phénomènes biologiques s'inscrivent dans une écologie hospitalière singulière où l'hétérogénéité des micro-environnements cliniques module l'exposition aux agents anti-infectieux [5]. L'interaction continue entre le système immunitaire de l'hôte et la plasticité génomique microbienne accentue la complexité des tableaux cliniques rencontrés dans les services de soins intensifs ou de transplantation. L'analyse des déterminants de cette résistance révèle ainsi une dissociation fréquente entre les modèles théoriques de sensibilité in vitro et la persistance observée chez des patients fragilisés, justifiant une réévaluation approfondie des cibles thérapeutiques cellulaires.