1.3. Redéfinition de l'imago Dei : du paradigme de domination au partenariat d'alliance
L'analyse de la doctrine moltmannienne de la création révèle une rupture épistémologique majeure avec les modèles anthropocentriques modernes qui ont historiquement favorisé l'exploitation du biotope terrestre. En substituant à la logique de domination un modèle périchorétique trinitaire fondé sur l'interrelation féconde entre Dieu, l'humanité et la nature, Jürgen Moltmann redéfinit le statut ontologique de l'être humain (Moltmann speaking at the eco-environmentalists conference, 2021). L'humanité, comprise sous le prisme renouvelé de l'imago Dei, n'est plus envisagée comme une entité dominatrice et souveraine détachée du cosmos, mais bien comme une partenaire d'alliance appelée à coopérer à la rédemption et au renouvellement eschatologique de la Terre. Cette perspective écothéologique s'articule directement avec les initiatives communautaires de préservation écologique, lesquelles s'appuient sur la créativité et la responsabilité humaine pour surmonter l'anxiété collective provoquée par les dégradations environnementales (Community Led Conservation Initiatives, 2025). En intégrant cette exigence d'intendance bienveillante, l'analyse démontre que l'éthique de la création dépasse le simple constat des vulnérabilités écosystémiques pour instituer une véritable théologie du soin et de la solidarité. Dès lors, le sujet humain n'agit plus en prédateur ou en propriétaire exclusif des ressources naturelles, mais s'inscrit au sein d'une communion organique où chaque élément créé participe à la manifestation continue de la grâce et de la gloire divines. Ce repositionnement théorique permet ainsi d'éclairer les impératifs éthiques contemporains en reliant étroitement l'espérance eschatologique moltmannienne à la nécessité concrète d'une justice écologique globale et restauratrice.