Reconfiguration spatiale et vulnérabilités structurelles dans le Sanmatenga
L'analyse des bouleversements territoriaux dans la province du Sanmatenga met en évidence une profonde altération des équilibres socio-éducatifs régionaux. Dans ce contexte sahélien marqué par des pressions sécuritaires et des déplacements forcés, les dynamiques d'occupation de l'espace se transforment sous l'effet conjugué des activités économiques informelles et des fragilités structurelles. Les mutations territoriales observées dans le Sanmatenga, notamment liées aux activités d'orpaillage qui redéfinissent l'attractivité et l'organisation des terroirs ruraux [1], exercent une contrainte directe sur le maillage des infrastructures publiques. Cette polarisation spatiale vers des zones de repli ou d'extraction modifie les densités démographiques locales et perturbe la continuité du service d'enseignement primaire en déstabilisant la répartition initiale des élèves et des enseignants. Parallèlement, l'exposition des communautés à des conditions de vie précaires et à des vulnérabilités sanitaires documentées dans la province, telles que l'anémie [2], aggrave le décrochage et limite l'efficacité des mesures d'adaptation scolaire. La réorganisation de la carte éducative primaire ne découle donc pas d'une simple planification institutionnelle, mais résulte d'une adaptation contrainte aux flux de populations qui s'orientent vers des espaces refuges ou des zones économiques alternatives. Dès lors, le système scolaire primaire fait face à un double défi : répondre à l'engorgement soudain des pôles d'accueil plus sécurisés tout en gérant l'abandon progressif des localités rurales marginalisées par la crise.