La recherche en sciences sociales se distingue des disciplines STEM par des objets d'étude complexes et des méthodologies souvent moins standardisées, ce qui soulève des questions spécifiques sur la validité des résultats [1]. Depuis plusieurs années, la communauté scientifique internationale souligne l'urgence de repenser les processus d'évaluation pour garantir une meilleure robustesse des connaissances produites.
La crise de la reproductibilité, marquée par des biais de publication, le p-hacking et une faible puissance statistique, affecte la crédibilité des travaux académiques [7]. Ces dérives, souvent liées à une pression excessive pour l'innovation et la nouveauté, compromettent la nature cumulative du progrès scientifique.
La science ouverte émerge comme une réponse structurelle à ces défis, préconisant l'accès aux données brutes et la transparence des protocoles [6]. En encourageant des pratiques telles que les rapports enregistrés, elle vise à découpler la décision de publication de la nature des résultats obtenus [7].
En France, le paysage de la science ouverte évolue sous l'impulsion de groupes de travail spécialisés et d'initiatives nationales visant à harmoniser les pratiques de publication [3]. Cependant, l'intégration de ces principes au sein des sciences sociales reste inégale et confrontée à des résistances institutionnelles.
Cette étude se propose d'analyser les développements actuels en France, en examinant comment les chercheurs et les institutions adaptent leurs pratiques face aux exigences de reproductibilité. L'objectif est de mettre en lumière les tensions entre les incitations à la performance et les impératifs de rigueur.
La méthodologie repose sur une analyse critique des cadres théoriques actuels et des politiques publiques françaises en matière de données de la recherche. Les résultats permettront d'évaluer l'adéquation des outils actuels avec les standards internationaux.
Enfin, cet article est structuré en trois axes principaux : l'état des lieux de la reproductibilité, l'analyse des mécanismes de science ouverte, et une discussion sur les réformes nécessaires pour l'évaluation de la recherche.